Introduction :

Le « Collectif pour une Ethique en Travail social » (CETS) souhaite porter une réflexion à propos des valeurs dans le champs social et médico social. Dans ce cadre, j’avais envie d’ouvrir le débat en posant une question qui me tient à coeur : celle du sens et de ses enjeux. C’est un sujet à la fois majeur et inachevé dont les conséquences sont fondamentales pour l’avenir et la prospective du travail social.

Alors, le sens revient comme un mantra dans la bouche des travailleurs sociaux mais de quoi parle t’on ? Pour répondre à la question, je présenterai dans l’ordre : mon vécu, mes réflexions, mon projet et mes hypothèses.

 

Mon vécu

Dès le premier jour en tant que professionnel, la question du sens de mon travail s’est imposée à moi.

J’ai choisi le travail social pour que mon temps de travail ait du sens : qu’il soit mis au service des personnes les plus exclues. Mon coeur penchait en faveur des personnes sans domicile fixe : mon âme vibrait au désir de répondre au scandale absolu d’un homme ou d’une femme qui doit dormir à la rue !!! Je voulais contribuer à une société « zéro sdf » ; promesse qui revient comme un serpent de mer (de Jospin à Macron et j’en oublie certainement).

Or le premier jour de mon travail, j’ai été confronté à la douloureuse nécessité d’exclure un homme qui avait commis un acte de violence inacceptable dans le foyer. Sur le moment, je l’ai fait, j’ai contribué à l’exclusion : était en jeu la possibilité d’un collectif bienveillant dans le CHRS et la solidarité inconditionnelle vis à vis d’un collègue qui avait été agressé. Mais après coup, quel déchirement !!! Quel sentiment d’échec !!! Ce monsieur allait très certainement dormir à la rue ce soir et je n’étais pas fier de ce que je venais de faire. Je venais de vivre mon premier conflit éthique. Ma carrière allait être marquée par ces déchirements quotidiens imposée par la réalité de l’activité.

Le travail social est en effet un travail paradoxal du point de vue du sens !!! Car quelque soit la cause choisie (le travail des chômeurs, l’hebergement des sdf, l’insertion des personnes en situation de handicap, la protection de l’enfance), il nous confronte à ce que nous ne supportons pas, à ce contre quoi nous luttons. Le travail social est donc un travail qui a du sens qui nous confronte au non sens : forcément on se couchera avec l’ombre de notre chômeur sans travail, de notre sdf sans solution cette nuit, de notre handicap dont la maladie s’aggrave et de notre adolescent en crise. Le conflit éthique pour cause de sens est obligatoire : forcément !!!

A cela s’ajoute la question du nombre, de la surcharge de travail : huit entretiens par jour c’est harassant et ce n’est pas tenable à long terme. La logique gestionnaire, de rentabilisation, n’est pas humaine. En tout cas, moi, je n’ai pas tenu. En 2005, j’ai fais un burn out et j’ai fais de très nombreuses rechutes. Et forcément un burn out pose la question du sens de son propre travail pour soi même : quel est le sens d’un travail qui fait souffrir ? Pour moi, il y a « quelque chose  qui ne va pas » dans la manière dont se pratique le travail social aujourd’hui. Les causes profondes sont à chercher dans les conditions vécues en tant que professionnel : un isolement, un fonctionnement en silo qui conduit à l’impuissance, un manque de temps qui conduit à une réflexion insuffisante sur les situations. Trop, c’est trop !!! J’aime mon métier, je suis fais pour lui mais la manière dont il est organisé n’est pas tenable pour moi. Gros, gros, vaste problème !!!

Enfin, la question du sens se pose d’une manière plus globale, sociétale. La question que je me pose est la suivante : accompagner, oui, je crois en l’accompagnement, c’est vital, oui, mais vers quoi et comment ? Prenons l’exemple du logement. La demande est immense et l’offre est minimale. Les outils dont nous disposons sont ridicules au vue de la réalité, de l’ampleur de la demande. Alors, certes, il faut le faire : la personne doit faire sa demande de logement social pour rentrer dans le processus qui prendra minimum deux ans et où elle se verra attribuer une hypothétique solution. Lorsque par un travail acharné on parvient à accompagner la personne dans son emménagement, qu’on lui remet les clés de son appartement après des années de rue, quelle victoire !!! Oui mais enfin, pour 1 réussite il y a 150 échecs. N’est ce pas se moquer du monde ? N’est ce pas scandaleux alors que les solutions existent, que l’expérience est là, que l’on sait ce qu’il faut faire pour aller de la rue au relogement que rien ne soit vraiment fait, que les solutions de masse ne viennent pas, que la volonté politique manque à ce point ? En y pensant, la colère monte mais c’est une émotion destructrice : si je valide le système, n’en suis je pas complice et donc coupable ? A chaque fois que moi, petit travailleur social, j’accompagne la personne dans son besoin de logement, j’y pense !!! Je sais que je l’embarque dans un parcours du combattant et j’ai presque honte du processus dans lequel je l’embarque.

Alors oui la question du sens s’impose à moi. Pour prendre une image, j’ai l’impression d’être dans un océan que je dois vider à la petite cuillère !!! On me confie une mission mais compte tenu des moyens à ma disposition, elle est impossible !!! Et pendant ce temps, je vois le gouvernement qui ouvre tout grand les portes des barrages par des politiques d’austérité d’inspiration néolibérales, provocant des inondations et des dommages collatéraux d’une violence inouie pour les publics les plus fragiles.

 

Mes réflexions

 

Partant de ce vécu brut, j’ai souhaité agir au niveau des politiques publiques, en amont, pour répondre aux problèmes. C’est la raison de mon choix de devenir ingénieur social.

La formation a été passionnante et j’ai eu l’impression de passer au niveau supérieur : l’ingénierie sociale est la fonction « recherche et développement » du travail social. Elle permet de concevoir des réponses adaptées aux problématiques sociales. C’est bien : maintenant je sais comment résoudre les inondations, je ne ramasse plus l’eau à la petite cuillère, j’agis en amont et j’assèche la rivière avant qu’elle ne déborde. Très bien, j’ai passé 3 ans à me former, l’Etat a investi pour me donner une formation solide. Merci. Mais j’attends 15 ans plus tard toujours le début d’une mission d’ingénierie sociale digne de ce nom !!! L’atterrissage a été douloureux : tout simplement, les missions d’ingénierie sociale n’existent pas. Retour à la case chômage avec un immense sentiment de gâchis.

Je me suis donc tourné vers la formation des travailleurs sociaux puisque mes compétences me le permettaient et que je ne souhaitais pas devenir cadre. Je trouvais différentes missions pour former les travailleurs sociaux à la « méthodologie de projet » dans le cadre de leur formation continue.

C’est lors d’une de ces formations que la question du sens a ressurgi pour moi. Tandis que j’exposais les possibilités de projets suite à l’analyse des demandes des publics accompagnés, la formation a pris un tournant imprévu autour d’une revendication des travailleurs sociaux  : « le problème n’est pas de mettre en place de nouveaux projets, le problème est que notre travail perd son sens ». La phrase a eu pour moi l’effet d’un électrochoc. Je demandais à en savoir plus et nous avons passé l’après midi à démêler l’affaire : la structure semblait souffrir de dysfonctionnements institutionnels majeurs avec une forme de « guerre larvée » entre les équipes encadrantes dont la logique majeure semblait être de nature gestionnaire et les équipes éducatives dont la logique majeure semblait être la relation éducative. La question du sens était posée pour moi autour de la plainte des travailleurs sociaux : « notre travail perd son sens, notre travail n’a plus de sens ».

C’est ainsi qu’est née l’idée de créer « Sens Compétences », un Organisme de formation qui serait spécialisé autour de la question du sens pour les acteurs sociaux : puisque le travail social perd son sens, redonnons lui en et résolvons le problème. Je concevais un parcours de 7 formations pour redonner son sens au travail social. Temps 1 : se ressourcer par le sens, le pourquoi de son choix du social. Temps 2 : construire son projet professionnel autour de ce sens dans une démarche de prévention ou de guérison du burn out. Temps 3 : évaluer le sens et l’impact social de son travail. Temps 4 : insuffler un management par le sens dans le secteur social et médico social. Temps 5 : innover pour que le travail social réponde aux problèmes des personnes. Temps 6 : militer pour créer des collectifs porteurs du sens du social. Temps 7 : transformer la société dans une révolution du sens pour réenchanter le monde grâce au social. Pour donner de la consistance théorique au projet, j’entamais un cursus universitaire à travers un master 2 en science de l’éducation qui a nourri ma démarche intellectuellement avec pour objectif de mener une thèse sur le sujet. J’ai mené une étude auprès de 50 travailleurs sociaux sur la question du sens qui a validé mes hypothèses. Le programme était ambitieux mais je n’ai jamais pu porter le projet à son terme. Hélas le COVID a eu raison de ce projet et j’ai été obligé de reprendre un emploi d’assistant social en urgence. Retour à la case départ et rechute du burn out.

C’est alors que j’ai rencontré l’association « le 7ème lieu » : moment intense car j’étais à la fois travailleur social en souffrance et porteur d’un projet de solution de sens pour les acteurs sociaux. Lorsque j’ai présenté mon projet, la présidente m’a proposé de m’embaucher dans le cadre d’un contrat aidé pour le réaliser. Bingo. Je décidais de commencer par du bénévolat de « chargé de mission » et de me pencher sur cette petite association vincennoise qui se donnait l’ambitieux objectif de soutenir les travailleurs sociaux en souffrance. Vaste programme qui m’a ouvert à une nouvelle cause : la cause des acteurs sociaux en souffrance au travail, domaine que je connaissais parfaitement pour l’avoir vécu dans ma chaire. En parallèle, j’entamais un long programme de reconstruction intérieure pour sortir de la logique de mes burn out à répétition. Je faisais donc un bilan de compétences qui m’a conduit à mon projet actuel.

 

Mon projet

Mon projet aujourd’hui est d’apporter une réponse à la « crise de sens » vécue par les acteurs sociaux. Essayons de poser clairement le problème.

 

LE VECU DES ACTEURS SOCIAUX :

La littérature est prolifique à propos du mal être des acteurs sociaux et les réflexions conduisent toujours à l’inextricable « perte de sens » qui est d’ailleurs revendiquée par eux.

Mon étude lors de mon master 2 avait permis de recueillir le sentiment des acteurs sociaux. Depuis leur ressenti, leur mission reste intéressante et est jugée porteuse de sens. Mais le problème provient de l’état permanent de sous effectif (29/36) qui génère un rythme de travail sous pression (21/36). Ce marché du travail en tension présente des avantages (il y a du travail, on peut changer facilement de travail) et des inconvénients (turn over, conditions de travail dégradées, quantité et non qualité). Le problème est un risque d’épuisement professionnel lié au rythme de travail et une peur de perte de motivation avec le temps.

Mais pas seulement, deux problèmes sont soulevés :

  • 1) Une vraie question de management avec un rejet de l’évaluation au résultat, des politiques du chiffre pour une approche plus qualitatives axée sur le sens, la relation.

    2) Une perte de sens qui se révèle de manière paradoxale : lorsqu’on interroge les TS sur leur vécu personnel sans rien suggérer, la perte de sens semble marginale (1/36) et ils insistent sur l’utilité sociale du métier. Mais lorsqu’elle est proposée pour caractériser le vécu collectif elle recueille l’assentiment général (86%). Comment expliquer ce fait ? Je pense que la perte de sens est un discours construit pour mettre en évidence un mal être, un mécontentement face aux évolutions récentes. Mais ultimement, elle concerne les autres et non soi même. Chaque travailleur social se présente comme un « gardien du sens » contre les logiques institutionnelles et gestionnaristes. Il s’agit donc de préserver « la pureté » du travail de terrain qui est attaquée de toutes parts. C’est une généralité, un discours pour se faire plaindre, demander de meilleures conditions de travail, défendre la qualité du travail réellement effectué contre les tentatives de contrôle des pouvoirs public qui souhaiteraient faire du travail social sans les travailleurs sociaux. Le discours sur la perte de sens cache un débat sur l’autonomie et la créativité dont peut jouir le travailleur social dans son quotidien. Il manifeste un refus de se voir déposséder du sens de ses actions dans une logique purement comptable. Il s’agit donc d’un appel à faire confiance aux acteurs de terrain qui ne sont pas des machines et humanisent l’action sociale.

LES CONSEQUENCES DU PROBLEME :

Les conséquences de la perte de sens peuvent être graves. Tout cela coûte très cher à la collectivité.

Un déni de la situation peut conduire à terme à un burn out. Lorsque le burn out est arrivé à terme, il y a les arrêts maladie puis le mi temps thérapeutique et la reprise trop rapide. La personne souffre alors au travail où elle doit tenir … jusqu’à ce qu’elle craque à nouveau. Elle change alors d’employeurs fréquemment et sa carrière devient hachée. Elle passe d’employeurs en employeurs et de burn out en burn out avec de nombreux arrêts maladie qui peuvent la conduire jusqu’à l’invalidité et les licenciements pour inaptitude. S’en sortir demande un long travail de reconstruction et de repos.

Autre conséquence désastreuse dans un secteur en tension, la personne peut aussi décider de changer d’orientation alors qu’elle est extrêmement attachée à ses motivations et ses désirs de social. Elle cherche alors un emploi qui a du sens et où elle peut exprimer son idéal. Elle peut se reconvertir comme thérapeute, comme enseignant, comme personnel médical ou paramédical. Elle peut aussi décider de monter son propre projet social et devenir entrepreneur social ou sociopreneur.

Au pire, la personne se désinvestit de son travail dans une logique purement alimentaire. Elle se désinterresse des situations et devient limite maltraitante. Elle se désinvestit institutionnellement. Elle perd le sens de son travail pour ne pas rentrer en conflit éthique avec son employeur. C’est un nihilisme, une perte de sens. Il n’y a pas de solution puisqu’il n’y a pas de problème, on s’enferre dans l’indifférence, on se désinvestit et « les meilleurs » craquent (profil du burn outé). Ce phénomène autour de la question du sens découle de fausses croyances : on peut en répertorier 4.

1) Le professionnalisme est de ne pas avoir de problèmes, de n’être qu’un être de solution qui doit tout savoir et savoir gérer toutes les situations. Avoir une problématique personnelle n’est pas reconnu : le professionnel doit faire preuve de retenue et « montrer figure souriante », il n’a pas le droit de reconnaître son propre vécu notamment vis à vis de sa hiérarchie. Il n’y a pas d’endroits où trouver des solutions pour lui même puisque son problème est, par définition, dénié. A cela s’ajoute les caractéristiques personnelle du « profil social » : une propension naturelle à se sacrifier pour les autres qui fait que l’acteur social ne peut pas se pencher sur sa propre situation, son propre bien être.

2) Le travail social doit se faire sans émotions, sans tenir compte de son propre vécu face aux situations des personnes. C’est une « technologie à l’acte » au-delà de l’émotion.

3) La dimension spirituelle (transcendance et sublimation) appartient à la personne en propre et ne doit pas être partagée.

4) Le diplôme fait le bon professionnel et lui donne son identité.

LES SOLUTIONS EXISTANTES : Il y a des solutions qui sont mises en œuvres ces dernières années autour de l’analyse des pratiques, des groupes de paroles, des formations dédiées. Pour réaliser leur mission, les travailleurs sociaux se saisissent de l’ensemble des outils à disposition : les GAPP, les collègues dans le cadre d’équipe pluridisciplinaires, la hiérarchie, les supervisions, les événements thématiques, la formation, … Un bon tiers (10/36) se plaint cependant de n’avoir aucune ressource à disposition. Une majorité importante ne connaît pas d’organisation soutenante dans leur travail (61,1%) et une large majorité sait se saisir de ces partenaires lorsqu’ils en connaissent l’existence tandis que la moitié seulement se montre satisfait de ce point de vue. Concernant les GAPP, les travailleurs sociaux en reconnaissent l’utilité (richesse, compréhension, confiance en soi, prise de recul) mais 44,4 % n’en ont jamais pratiqué et la régularité est faible. Pour qu’un GAPP soit fructueux, ils insistent sur l’absence de la hiérarchie et l’importance de la qualité de l’animation. La dimension de la pression de la hiérarchie met en échec les GAPP institutionnels qui sont pourtant de bonnes solutions en soi. Mais les temps institutionnels organisés par la hiérarchie (GAPP, groupe de parole, supervision, …) sont en réalité désinvestis ou investis avec méfiance, ils ne peuvent pas marcher car il y a la pression institutionnelle et le regard de la hiérarchie présente malgré tout.

Il faudrait donc des GAPP hors institutions mais alors la personne doit investir hors de son temps de travail ce qui n’est pas envisageable. La personne tourne en rond dans ses contradictions et ça n’avance pas. C’est une fuite en avant qui ne prend pas le vécu à bras le corps. Il faut au contraire investir le travail par la réflexion et la remotivation, retrouver le sens de ce que l’on fait, s’écouter et réaliser ses rêves s’exprimer, en parler, l’intégrer, retrouver son énergie. Surtout, la réponse est collective car la cause profonde de la perte de sens est sociétale.

LA VRAIE CAUSE DU PROBLEME :

D’un point de vue sociétal, la cause profonde du problème se situe dans le néolibéralisme dont l’idéologie insuffle un gestionnarisme dans les structures sociales. Michel Chauvière a parfaitement analysé ce phénomène (« trop de gestion tue le social »). Guy Hardy conteste ce constat et juge au contraire que c’est la bureaucratie qui tue le social et qu’il faudrait libéraliser le secteur pour l’alléger. Au milieu de ce débat, je prône une approche pragmatique : l’un n’empêche hélas pas l’autre, il s’agit de reconnaître un malaise en double réaction à l’idéologie néolibérale & à la bureaucratie.

Dans le contexte actuel les droits sociaux se réduisent comme un peau de chagrin sous la houlette de l’idéologie néolibérale orthodoxe (dette, diminution de la dépense publique, …) et de l’idéologie nationale populiste (accusation d’assistanat, appel d’air immigrationniste, …). Un fort courant anti social remet en cause les acquis de la sécurité sociale. Dans ce contexte l’acteur social souffre, la société se ferme (maltraitance des étrangers, criminalisation des jeunes, stigmatisation, …), les conditions de vie des usagers se durcissent. Cela crée une mentalité de contrôle des pauvres qui peut générer des conflits éthiques pour l’acteur social. Les possibilités de solutions sont réduites, les droits sociaux régressent.

Le social perd son sens au sens littéral du terme : comment vivre avec un RSA ? Pendant les 30 glorieuses, la Sécurité Sociale visait à répondre aux problèmes des gens. L’assurance chômage offre un vrai revenu de remplacement, l’assurance maladie couvre les frais de santé. Mais depuis les années 1980, les nouveaux besoins (précarisation, risques psycho sociaux, santé mentale, vieillissement de la population, …) ne sont pas vraiment satisfaits, les réponses ne sont pas ajustées aux besoins réels de la population. Le social n’est plus à la hauteur des enjeux du XXIème siècle auxquels il faut ajouter les risques systémiques et la crise écologique porteuse d’une éco anxiété.

Mes hypothèses

Face à ce constat de « la crise de sens » des acteurs du social, je propose 3 axes de réponses :

  1. Une réponse de stimulation intellectuelle à travers un blog dédié au sujet. On y trouverait les ressources nécessaires pour faire son cheminement. Il y a une double dimension : les outils intellectuels pour sa propre « guérison » et la remotivation autour des logiques de formation et d’innovations sociales.

  2. Une réponse communautaire à travers un forum de discussion participatif anomyme où la personne peut s’exprimer et trouver un échange et une entraide entre pair. Le but du Forum est de faire émerger les besoins et les demandes. A partir de là, une communauté virtuelle se crée et elle se transforme en communauté physique au sein d’une association porteuse. Les besoins des acteurs sociaux sont mis en lumière de façon anomyme et font l’objet de remontées dans une Assemblée constituante de démocratie participative porteuse de solutions pour la société.

  3. Des réponses en terme de réponses concrètes sous forme d’orientation vers des professionnels pouvant apporter des solutions personnelles et professionnelles aux acteurs sociaux. Il s’agit d’un projet de plateforme qui répertorie les solutions pour les acteurs sociaux en les mettant en relation avec des professionnels qui peuvent les aider (psychologues, psychosociologues, penseurs, chercheurs, études, innovations sociales, syndicats, juristes, loisirs, sorties culturelles, gapp, groupes d’échanges, …). L’acteur social est pris en considération en tant que personne, qu’acteur dans le système (Crozier et Jacobs). Il se connecte de manière anonyme H24, 7 j/7, sans pression de la hiérarchie. Il construit son parcours de « guérison » et de sens à son rythme et selon son propre désir. Il est libre et c’est gratuit pour lui sur la plateforme.

A SUIVRE

 

Ce projet de plateforme est le RESO PRO SOCIAL. C’est aujourd’hui mon projet professionnel.

LE RESO PRO SOCIAL est une plateforme innovante qui vise à créer la communauté solidaire des acteurs et innovateurs sociaux (ais) afin de les soutenir personnellement et professionnellement dans leurs missions d’intervention sociale. Cette communauté autonome porteuse de solutions et de contre pouvoir s’articule sur la base de deux forces complémentaires :

– les besoins des acteurs sociaux de terrains confrontés à une crise de sens. C’est le public bénéficiaire.

– les offres des innovateurs sociaux porteurs de solutions à la crise de sens des acteurs sociaux. Ce sont les payeurs.

LE RESO PRO SOCIAL est une communauté virtuelle qui se développe sur une plateforme dont le concept est l’alliance et la mise en relation entre les besoins des acteurs sociaux en souffrance & les offres des innovateurs et entrepreneurs sociaux qui peuvent leur apporter des solutions.

Il s’agit d’un réseau qui vise à soutenir et valoriser les acteurs et innovateurs sociaux. Par acteur social, nous désignons toute personne ou institution qui s’investit dans une intervention sociale au sens large c’est à dire dans une action en faveur d’une personne ou d’une partie de la population dont les besoins ne sont pas satisfaits par la logique de marché (non solvabilité, précarité, vulnérabilité, handicap, enfance, éducation, santé, grand âge…).

Par innovateur social, nous désignons toute personne ou institution qui s’investit dans la mise en œuvre de réponses à des problématiques humaines et sociales qui ne sont pas satisfaites par la logique du système marchand (besoins non solvables), ni par la logique de l’État Providence (besoins subventionnés). L’innovateur social répond donc à des besoins qui s’inscrivent dans la logique du « tiers secteur de l’Economie Sociale et Solidaire » théorisée par Alain Lipietz : ce sont les nouveaux besoins portés par la « société civile citoyenne ».

On peut estimer et compter une population de 6 millions de personnes en France (10%), salariée et bénévole, qui sont au sens propre le poumon de la société, qui lui permet de respirer et sans laquelle la société s’effondre, s’enlise et sombre dans le chaos (inégalités, violence sociale, …). A l’inverse de l’idéologie néolibérale qui affirme que ce sont les acteurs économiques (entreprises, patronat, investisseurs, …) qui portent la société, LE RESO PRO SOCIAL promeut ce groupe social des « acteurs et innovateurs sociaux » (ais) comme étant celui qui rend possible une société ouverte et viable humainement pour tous. Ultimement, le RESO PRO SOCIAL promeut donc le social comme rouage qui rend la société possible : comme le signifie son slogan il s’agit de « redonner tout son sens au social ».